Basilic au jardin : faut-il le mettre à l’ombre ou au soleil ?

Originaire des régions orientales de l’Inde et des îles du Pacifique, le basilic se décline en 150 variétés, toutes assoiffées de soleil. Sacré pour les Indiens, son parfum l’a imposé dans le jardin du sud puis chez lui.

Bref portrait du basilic

Le basilic, c’est l’aromatique qui ne ressemble pas aux autres. Sa taille varie du simple au décuple, selon la variété choisie : de petits plants de 6 cm jusqu’aux touffes robustes de 60 cm. Les feuilles, souvent d’un vert éclatant mais parfois violettes, sont effilées, brillantes, et leur taille fluctue tout autant. Mais ce qui fait la vraie différence, c’est leur parfum, aux multiples nuances. Les noms des variétés en disent long : « cannelle », « Americanum » pour une note camphrée, « Citriodorum » au parfum citronné… Un vrai festival d’arômes pour qui s’attarde quelques instants sur un pied.

Le basilic violet intrigue souvent le jardinier. Rien de particulier au toucher, mais sous une loupe, on découvre de minuscules poils sur la feuille, véritables usines à molécules odorantes. Sous la pression du doigt, ils se brisent et libèrent une fragrance chaude, presque florale, évoquant le jasmin, pénétrante et persistante. Pas étonnant que le basilic ait porté autrefois le surnom d’« oranger des arômes ». Reste à savoir quels parfums ont fait sa réputation au fil du temps.

L’histoire d’un jardinier et de son basilic

Les jardiniers qui s’essaient au basilic accumulent souvent des souvenirs contrastés. Hugo, par exemple, a tenté les semis en avril, sous abri, il y a deux ans. Les jeunes pousses ont pris leur temps, mais le soleil était de la partie et, à la fin du mois, chaque seau débordait de promesses. Puis le mois de mai a viré à la déception : pluie incessante, températures en berne. Les plants n’ont pas résisté. Tiges ramollies, feuilles recroquevillées, jaunies, parfois pourries, la récolte a sombré avant même d’avoir commencé. Une expérience qui pousse à se demander comment donner au basilic toutes les chances de s’épanouir.

Semer le basilic étape par étape

Cultiver le basilic n’a rien d’une formalité, mais quelques astuces facilitent la tâche. On peut choisir entre deux méthodes :

  • Semer directement en seau, à une température d’au moins 18°C, pour éviter le stress du repiquage. On acclimate ensuite progressivement les jeunes plants à l’extérieur avant la mise en pleine terre, idéalement sur une butte légère, surtout si le sol est lourd.
  • Installer les plants dans un pot volumineux. Ce choix réduit la fréquence des arrosages et permet de placer le basilic en plein soleil, à l’abri des courants d’air. Un pincement régulier des extrémités évite la montée en fleurs et prolonge la production de feuilles.

On sème généralement 5 à 10 graines par seau ou dans une plaque alvéolée, recouvertes d’une fine couche de terreau universel. La mini-serre improvisée (film plastique ou plaque de verre) prend place près d’une fenêtre. Les germes pointent en 5 à 7 jours. L’humidité du substrat doit être surveillée : ni sécheresse, ni excès d’eau, sous peine de voir les semis pourrir. Un rebord de fenêtre suffit comme première scène de vie.

Sortir le basilic dehors : mai

Lorsque les dernières gelées sont derrière soi, autour du 10 ou du 15 mai, selon la région, les semis quittent leur abri. On les installe dans un pot géotextile, une jardinière adaptée ou au potager, avec un terreau riche en compost. Ce mélange retient l’eau et offre un réservoir nutritif précieux. Remplir le contenant jusqu’à 3 ou 4 cm du bord suffit.

Le choix de l’emplacement n’est pas fait au hasard : on évite le vent, on privilégie la lumière sans ombre permanente. L’arrosage reste modéré, pour un terreau toujours frais, jamais détrempé. Pour garantir une récolte continue, il est judicieux de ressemer quelques seaux tout au long de la saison.

Si jamais la levée échoue ou si les jeunes plants semblent mal en point, inutile de s’inquiéter. On recommence une semaine ou deux plus tard, et seule la date de la première récolte sera décalée.

Entretien et récolte

Dès le mois de juin, on commence à récolter au fil de la croissance. L’idéal reste de couper avant la floraison, mais il est possible d’en cueillir en quantité et de les conserver dans un pot d’huile d’olive. Pour une autre façon de garder le parfum du basilic, on peut mixer les feuilles (sans tiges ni pétioles) avec un filet d’huile d’olive et placer la pâte obtenue dans un petit pot, sous une couche protectrice d’huile.

C’est en juillet et août que le basilic offre ses arômes les plus puissants. La cueillette doit être régulière. On retire aussi les fleurs pour favoriser le développement des feuilles. Côté arrosage, l’équilibre est de mise : ni substrat sec, ni excès d’eau. Un simple test au doigt suffit pour vérifier. En août, la récolte se poursuit et le basilic s’invite dans les préparations maison, pesto en tête. Quand vient septembre, parfois octobre selon la météo, le rythme ralentit. On peut alors rentrer les pots pour prolonger la saison.

Le basilic attire son lot de visiteurs indésirables. Dès le début de la culture, les escargots font des ravages. De mars à octobre, attention aux pucerons. Les chenilles sont plus discrètes mais redoutables en fin d’été. Le mildiou, quant à lui, apparaît surtout à la fin de la culture. Ces menaces exigent vigilance et réactivité pour préserver la vigueur des plants.

Du basilic en cuisine

Impossible de passer à côté de la soupe au pistou provençale ou du légendaire pesto génois, où le basilic frais tient la vedette. Quelques feuilles suffisent pour métamorphoser un plat, surtout en compagnie de tomates et d’un peu de mozzarella.

Fraîchement cueilli, le basilic regorge de vitamine C et réveille les assiettes estivales. La plante ne se contente pas de parfumer le jardin ; elle prolonge l’été jusque dans l’assiette, feuille après feuille, récolte après récolte. On comprend sans peine pourquoi il ne quitte plus ni les potagers, ni les cuisines.

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