Tous les bois ne sont pas pareils, loin de là. Ce qui nous intéresse ici, c’est leur résistance à la pluie et à l’humidité, ce qui les rend plus ou moins adaptés à une utilisation en extérieur. Terrasse en bois, table d’extérieur, parement ou même menuiserie extérieure, ce sont des projets qui nécessitent un bois aux caractéristiques différentes de celles du parquet intérieur ou du mobilier de salon. Nous expliquons les principales différences entre le bois et comment choisir votre bois extérieur.
La classification du bois
Le bois se divise en cinq classes, chacune correspondant à un niveau de résistance à l’humidité et aux intempéries. La classe 1 concerne les bois strictement réservés à l’intérieur, protégés de toute exposition. À l’autre extrémité, la classe 5 regroupe les essences capables de tenir tête à une immersion régulière dans l’eau salée. Pour une terrasse, on vise généralement la classe 3 ou 4. La classe 5 reste un choix de niche, surtout pour des usages très spécifiques : pilotis, pontons ou ouvrages maritimes. La classe 4, elle, assure déjà une solidité remarquable pour la plupart des chantiers extérieurs.
Pour illustrer ces différences, voici un tableau récapitulatif des usages et essences selon la classe :
| Résistance à l’eau | Classe bois | Usages courants | Exemples d’essences |
| 1 | intérieur | meubles, parquet, lambris, menuiserie et aménagement intérieur chêne | peuplier, frêne, cerisier, charme, érable, noyer |
| 2 | protection intérieure ou sous cadre | chêne | châtaignier, hêtre, pin |
| 3 | menuiseries | ||
| 4 | extérieur ou contact avec poteaux d’eau | balcons, terrasses, pergolas, bancs, traverses, piquets, grilles, bûches, jeux de plein air | robinia, chêne après traitement, cloisons et pin de mer après traitement, cumaru, teck, azobe … |
| 5 | en contact avec des pontons d’eau de mer, des | colonnes immergées | ipé, itauba, macaranduba… |
Utiliser un bois de classe 4 en intérieur ne pose aucun problème, mais l’inverse n’est pas vrai. Les bois des classes 1 ou 2 n’ont tout simplement pas la carrure pour affronter la météo.
Bois extérieur exotique, bois traité ou composite de bois
Les bois exotiques, comme le teck ou l’IPÉ, impressionnent par leur résistance naturelle. Originaires d’Asie ou d’Amazonie, ces essences rares affichent des prix élevés et posent de vraies questions environnementales : la forte demande européenne fragilise les forêts d’origine. L’alternative durable, ce sont les bois européens transformés grâce à des procédés naturels, comme la modification thermique. Chauffés à haute température, des bois comme le frêne deviennent stables et passent de la classe 1 à la classe 4, tout en restant exempts de traitements chimiques lourds. Cette évolution ouvre la porte à des usages variés : bardages, terrasses, menuiseries extérieures. Les bois peuvent aussi être traités par autoclave, procédé qui consiste à injecter dans le bois des agents de préservation pour améliorer leur tenue face à l’humidité.
Un bois modifié par traitement thermique gagne en durabilité, mais il a tendance à griser sous l’action du temps et du soleil. Pour conserver l’aspect initial, il faudra envisager une finition adaptée.
Le cas du bois composite
Le bois composite s’est imposé comme une réponse moderne à la pression sur les ressources exotiques. Ce matériau hybride, composé de résine plastique et de fibres végétales, a d’abord séduit par sa capacité à limiter la déforestation. Les premiers modèles étaient très synthétiques, mais les versions actuelles, avec une forte proportion de fibres de bois (idéalement plus de 60%), offrent un rendu bluffant.
Pour mieux comprendre, voici ce qui entre généralement dans la composition d’un bois composite :
- Résine plastique : PVC pour les lames alvéolaires, PE ou PP pour les lames pleines
- Fibres végétales : farine de bois, lin, maïs, etc.
- Pigments
- Additifs, comme des agents antifongiques
- Charges minérales
Le choix de la teinte doit se faire avec soin : une fois posées, les lames composites ne se repeignent pas. Parfaites pour les terrasses, elles conviennent aussi aux bardages, clôtures ou pontons.
Le bois composite repose sur une démarche plus responsable en valorisant des déchets de bois et du plastique recyclé, selon la provenance et la politique du fabricant. Cependant, certains produits contiennent des additifs chimiques susceptibles d’être néfastes pour l’environnement. Pour limiter l’impact écologique, mieux vaut opter pour un composite garanti sans substances problématiques.
Quel bois extérieur pour une terrasse ?
Pour la réalisation d’une terrasse, il faut cibler au minimum un bois de classe 3. Ce choix garantit une durée de vie d’une dizaine d’années, tandis qu’un bois de classe 4 ou 5 peut tenir vingt ans, voire davantage si l’entretien suit. Les essences les plus abordables pour les terrasses sont le peuplier, le douglas, le pin maritime et le mélèze. Pour ces bois de classe 3, il faut prévoir entre 30 et 50 € du mètre carré.
Les bois de classe 4 ou 5, comme le robinier ou le chêne traité, élèvent le budget : environ 50 à 60 € du mètre carré pour le robinier, 80 € pour le chêne. Le bois composite, très répandu sur les terrasses, affiche des tarifs variables, parfois proches des bois de classe 4 de qualité. Pour ceux qui visent le haut de gamme, les essences exotiques atteignent 100 à 200 € du mètre carré. Enfin, le bois brûlé selon la technique japonaise shou-sugi-ban (cèdre ou mélèze) donne un résultat inédit : une terrasse noire, résistante, qui ne demande quasiment aucun entretien. Le bois ainsi traité devient imputrescible, durable, et la patine du temps ne fait que renforcer son caractère.
Quel bois choisir pour une table d’extérieur ?
Le pin reste une valeur sûre pour qui cherche un bon compromis prix/longévité. Après traitement en autoclave, il passe en classe 4 et peut affronter toutes les saisons dehors. Sa teinte claire séduit ceux qui aiment la simplicité. Pour une table qui sort de l’ordinaire, le robinier (aussi appelé faux acacia) séduit par sa robustesse et sa couleur chaleureuse. Les amateurs d’exotisme peuvent se tourner vers l’acacia, le teck ou l’eucalyptus, toujours convoités pour leur élégance et leur résistance.
Quel bois pour la menuiserie extérieure ?
Pour les portes et fenêtres, le chêne reste une référence. Naturellement solide et durable, le chêne de classe 3 offre une excellente isolation thermique et acoustique, mais son prix peut freiner. Le pin, plus abordable, devient tout à fait adapté après traitement, à condition de bien le protéger avec des peintures ou lasures. Douglas et mélèze, réputés pour leur isolation, s’adaptent bien à nos climats. Côté bois exotiques, le moabi (aux reflets rouge-brun) et le movingui (jaune lumineux) s’imposent comme des options haut de gamme et durables pour les menuiseries exposées.
Quel bois pour le revêtement extérieur ?
Pour le bardage, il faut viser au moins la classe 3. Les essences haut de gamme comme le chêne, le cèdre rouge ou les bois exotiques dominent le marché, mais les solutions locales ont de vrais atouts : épicéa, pin maritime, douglas ou mélèze offrent un rapport qualité-prix séduisant et respectent davantage l’environnement. Bien traités et entretenus, ces bois locaux résistent aux années et gardent leur éclat. Le bois composite gagne aussi du terrain, tout comme le bois brûlé, même si leur coût n’est pas forcément inférieur à celui du bois massif. Le choix entre composite et massif dépend de l’esthétique recherchée et du niveau d’entretien souhaité. Mais la noblesse d’un bardage en bois naturel reste inimitable.
Un projet extérieur démarre toujours par une décision sur la matière. Derrière une terrasse chaleureuse ou un bardage robuste, il y a ce choix du bois qui ne triche pas. À chacun sa préférence, mais une chose reste certaine : un bois bien choisi, c’est la promesse d’un extérieur qui traverse le temps sans perdre de sa superbe.







